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mercredi 20 avril 2016

avec Franck K. Lundangi

C'est en avril et c'est à Paris.. le temps du salon du dessin contemporain Drawing now, au Carreau du Temple, cœur de Paris.

Ce salon est devenu pour moi une vraie cérémonie!! un rituel, une attente qui fait battre mon âme de petite fille.. Bien sûr, au même moment, Art Paris envahit le Grand Palais.. Art Paris aux stands vastes et élancés, irréprochables.. J'y fus, certes, élève appliquée toujours et un peu alarmée par le mouvement artistique du moment.. une cathédrale comparée à la confidentialité du Carreau du Temple.

Là, sous sa structure historique et désormais métallique (au cours des siècles elle fut construction de bois), le murmure est de rigueur, les voix sont de douceur badigeonnées, comme si la crainte d'effacer les traits de crayon imposait le ton.. un cri serait gommage ! l'impression que les amateurs d'art et de dessin ont glissé leurs pieds dans des pantoufles..

Je parcours les travées, heureuse de retrouver " mes " galeries, attentive aussi à oser gravir le seuil des " inconnues ".. des rendez vous incontournables.. une sorte de club.
Des sourires sans maquillage ni intention aucune de vanité, des yeux vifs et interrogateurs constituent  le langage  des galeristes et des collectionneurs. Chacun connaît la règle du jeu.. ne pas tricher, ne pas fanfaronner.. et, ô étonnement sans cesse renouvelé,  des œuvres plus spécialement s'imposent quelque part dans les strates indomptables de mes envies.. une première sélection..
Je deviens alors chasseresse. Je danse presque entre les stands.. je suis à l'affût, à l'arrêt.. un moment important.. comme à la chasse, ou à la pêche.. savoir attendre, dompter ses envies et.. arrêt sur image..
L'impossibilité alors de renoncer !! c'est terrifiant, ravageur mais ô combien pétillant de calme intérieur aussi.. paradoxe ! Il y a du mystique là-dedans !

L'œuvre de Franck K. Lundangi, The spiritual man dans la Galerie d'Anne de Villepoix sera glissée dans ma besace.. un trophée..
Une aquarelle qui me confie l'eau, la terre, le ciel, un peu Arche de Noé.. Arbre de Vie..
Il y a de la Joie !

 Franck Lundangi - The spiritual man, 2016 
Watercolor on paper - 76x56cm © Collection IdL 



samedi 29 août 2015

avec Guillaume Degé

Je découvre le Salon du Dessin Contemporain de Marseille, Paréidolie au château de Servières.. Une appellation à la résonance complexe..une adresse de conte de fée.
L'invitation est parée de ces petits atouts délicats qui animent ma curiosité..
Le mois d'Août va se refermer.. Septembre envisage doucement des intentions automnales.. un élan encore bien camouflé !!

Très vite, ce salon m'entraîne comme toujours dans des allées inconnues, méandres éphémères d'une installation de stands calfeutrés.. Vous savez.. le silence de la mine de plomb et des crayons de couleurs, des gouaches et des aquarelles.. des oeuvres courageuses qui définitivement, sans artifice, imposent leurs présences.. et me racontent une histoire, un bout de souvenir blotti sur un papier choisi, une évocation d'un petit rien qui, sans intention fanfaronnante, demeure assoupi au fond des mémoires..

Papier Japon, Papier ancien, Papier chiffon.. chaque artiste choisit avec une attention ô combien minutieuse et personnelle la trame qui retiendra l'oeuvre.. une peau que l'on aimerait toucher, palper.. une attirance pour le grain, le relief, la pigmentation.. oui !! sensualité !!
C'est déjà une histoire..

Je marche.
Le silence murmure.
Les œuvres sont là, multiples et encore secrètes.. anonymes.. des intentions retenues..

Je vais, je viens
Je déambule sans aucune intention..  déjà les papiers dansent presque sous mon regard, se froissent, s’épaississent, s'allongent et s’étirent.. séduction ?? non !! c'est moi qui avance vers la conquête, toujours sans intention de " capture ".. une première attirance, une seconde, une troisième peut être.. et la cadence s'accélère.. je suis absolument envoûtée par ces dessins.

Je choisis la couleur, je choisis la forme, je choisis cette oeuvre de Guillaume Degé merveilleusement présente dans la Galerie Sémiose.

Mais est-ce bien moi qui " choisis "? Je confierais plutôt cette démarche à une petite musique intérieure.. et au divan !!

Guillaume Dégé,  2015, Sans titre,
 Gouache sur papier XVIII°, 20,5 x 16,5  © Collection IdL