Affichage des articles dont le libellé est Personnages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Personnages. Afficher tous les articles

mercredi 9 novembre 2016

avec Jérôme Soret

Jérôme Soret.. Il est ce photographe secret qui chemine, un appareil photographique toujours glissé derrière l’écran d'une veste, d'un par-dessus..  un appareil prêt à saisir l'image, celle qui révèlera ce que le regard-notre regard - voudrait tellement conter.. et qui s’échappe déjà tandis que l'artiste installe l'histoire  sur le papier..
Ces photographies sont les instants fugitifs de la mémoire qui, sans artifice, deviennent présences.

Jérôme aimait déambuler avec son ami François.. sillonner les recoins de son  univers rare et poétique, celui où viennent se blottir, pudiques, les presque rien.. les traces.. ses petits cailloux blancs contre l'oubli.. l'ordre et le désordre!
Ce jour de Juin, ces empreintes du temps en fuite se dévoilent sur les cimaises de la Galerie Agathe Gaillard.
Il y a cette corde tendue en ces improbables univers badigeonnés d'une patine indélébile.... des fils noués se tiennent suspendus à cette matrice bienveillante.. des fils, des bouts de ficelle.. en vrac.. ceux la mêmes que je recherche peut être toujours et encore pour recoudre les images du temps en partance.. ou ces bouts qui domptent la courbe des voiles pour d'autres voyages...

Jérôme Soret
Sans titre  " Fils blancs"- Saint Emilion
Tirage sur papier couleur 1/11
acquis en Juin 2012
© Collection IdL 







mercredi 12 octobre 2016

avec Pip Culbert (2)

Pip Culbert... ses dé-coutures!!

Des mouchoirs ainsi déshabillés de leur matière ont déjà galopé sur cette feuille avant de retenir leur géométrie architecturale sur mes cimaises!!

Ce soir, mon regard sera happé par ce petit cadre déposé là, sur un coin de mur, discret et d'une Simplicité  gigantesque.. l'infiniment beau.. blanc.

Le relief à peine perceptible de la couture, seule, évadée du vêtement, de l'objet usuel, pour se présenter ainsi sans artifice..  soudée à sa feuille de papier..
Une écriture en braille, presque.. le désir de laisser le doigt s'attarder sur ces petits bourrelets..  la trace de ce qui fut une poche de chemise, de tablier, de robe.. le savons-nous?? cette poche retint en son temps mille et un petits trésors ou la délicatesse d'un trait de pochette ô combien savamment replié.. élégance!!

La poche!! .. mise à nue!!

Une silhouette fine et légèrement rugueuse.. la trame du coton.. fermons les yeux et invitons notre imagination - un truc d'enfant, ça!  - au rêve.. et si c'était une maison à l'envers, sur pilotis?? ..un toit, quatre murs.. invincibles nous devenons alors, bien à l'abri dans notre cabane de fil..

Merci Pip. Tu as déposé cette oeuvre un jour dans mon jardin d'hiver.. Nous étions alors au verger, à Saignon, sous le grand poirier de Chambre avec Vue.. C'était l'automne.. les feuilles basculaient..

Pip Culbert - Poche décousue - ©Collection IdL




samedi 14 mai 2016

avec Lucy Marshall

Le joli mois de Mai danse dans les ruelles arlésiennes.. premiers chapeaux, premières robes de coton, le soir prolonge ses éclairages.. flâneries.. le teint des dames est saupoudré d'un soupçon de bonne mine, les messieurs flottent dans des chemises de lin, petits drapeaux d’élégance annonçant sans hésitation l'arrivée de l’été.. la légèreté est tendance !

Flair Galerie a invité une artiste australienne.. l'autre face du monde caracole sur les cimaises.. le talent de cet artiste est ourlé d'esprit joyeux.. le dialogue tambourine vite entre les deux pôles de la
terre.. Lucy est lumineuse.. Isabelle Wisniak est rayonnante !!  Notre galeriste a le talent de " dénicher " (nous sommes bien à Flair Galerie !) des artistes venus d'ailleurs, de terroirs et de territoires particuliers.

Le désir de surprendre, attentive toujours à la qualité, l'extrême qualité.
Chaque œuvre, chaque dessin de Lucy Marshall nous entraînent dans une farandole allégée de toute obscurité, de toute densité inquiétante, de tout soupçon de tragédie. La joie est communicative.. Nous parlons art, voyages, l'esprit gourmand et le regard pétillant !!

Nous osons sourire, rire ! Ces instants sont merveilleux.. le projet déjà de nous asseoir tout à l'heure à la même table, place du Forum, festin en attente..la table du Pop'up du Nord Pinus est enchantement. gourmandise, ivresse.. la promesse aussi bien entendu de traverser le monde pour se revoir..

Je descends la rue de la Calade. Le jour ne s'enfuit pas encore et je sais que bientôt le dessin National Pawtrait Gallery distraira avec audace et talent le cours de mes cimaises..
J'aime les traces, les empreintes.. celles que les escargots dessinaient alors sur la terre de l'enfance lors des courses de ces fameux gastéropodes à coquille !
J'aime les petits billets oubliés entre les pages des ouvrages de nos bibliothèques.. reculer dans la vie
d'avant..

J'aime la trace..peut être aussi en souvenir de la visite de Droopy sur mon plateau de chêne…


Lucy Marshall (The Dogophile) National Pawtrait gallery, 2016
Encre pigmentée et aquarelle sur papier 100% coton
29,7 x 42 cm
©Collection IdL



EnregistrerEnregistrer

dimanche 21 octobre 2012

avec Pip Culbert

Octobre retient encore ses feuilles, ourlées de rouille et d'or.. les raisins violets improvisent silencieusement l'histoire d'un nouveau cru.. une ivresse pour les soirs de coin de cheminée.. le bois séché repose dans la remise.. la lumière clignote sur une variation moins aveuglante.. les tricots parent les épaules.. et là, au verger de Chambre avec Vue, nous savourons ce temps précieux. Il y a Pip Culbert et Bill. Ils sont magnifiques. Bill kidnappe l'ombre de la bouteille, Pip me parle de tissus, de chemises, de drapeaux, de parures. Pip déshabille le vêtement," la finalité de cette entreprise visant à ne retenir de l'objet que sa face cachée pour n'exhumer que son négatif : les coutures ".

Le tissu.. le coton.. quelle vaste panoplie ! quel ondoiement ! ! il y a ce je ne sais quoi de doudou dans ces matières flottantes !

Nous ne sommes pas dans l'évocation de travaux de dames, de ces heures d'application à mettre en place un patron, face endroit, face envers, droit fil et épingles scellant la matière sur le patron de papier craft..
Non !! Pia vide ! Pip découpe avec minutie et patience le vêtement et n'en retient que les coutures..
D'autres plis..

Pip m’écoute, Pip voit mon mouchoir de coton blotti dans ma main.. le mouchoir.. un objet qui clopine à mes côtés depuis toujours..

Nous avons tous en mémoire des adieux de cinéma en mouchoir agité.. un quai de gare.. l'amour part en voyage.
Et le cher Arthur, travaillant méticuleusement chaque cep de vigne ne portait-il pas sur sa tête ce mouchoir de carreaux pourpres, rustiquement noué au quatre coins ? dame, quelle coiffe !!

Pip désarticulera des mouchoirs.. cent mouchoirs blancs grappillés sur les tréteaux d'une brocante de Saint Cristol.
Les carrés seront lavés et ruisselleront bientôt sur la corde à linge, petits drapeaux improvisés claquant au vent.. des fanions.. certains auront pris des bains de teinture de bleu, d'orangé, de carmin ou de vert..
Ils seront désossés.
Pip glissera ces " ficelles " de couleurs en pochettes.. des séries de deux, de trois, de quatre, des pièces uniques aussi ! Pip dessinera sur la feuille adjacente l'architecture de ces  traces - cette matière - ainsi épinglées au mur..
La sculpture est là, imperturbable et sans pli..
Les ourlets en liberté dansent sur mes murs.. quelle présence !!
Merci Pip !!
Tu as tiré ta révérence cet automne..
Au revoir Pip.

Les petits mouchoirs !

Pip, dans son coeur, La chanson de la Chemise

     Couture et soufflet et col,
     Col et soufflet et couture,
     Jusqu'à ce que je m'endors sur les boutons
     Les cousant dans mes rêves...


Les larmes perdues par Pip Culbert,  2012
Les larmes perdues, par Pip Culbert,  2012
©Collection IdL


Les Larmes Perdues ( Etat préparatoire)  © Collection  IdL


Les Larmes Perdues (Etat préliminaire - Matière brute avant travail)
© Collection IdL 

vendredi 16 mars 2012

avec Marcus Kreiss

Nous sommes au printemps 2012. La galerie de Kamila Regent est animée.. Une nouvelle proposition d'Art pour cette saison dont le porche s'ouvre le jour de Pâques.. Un départ qui redonne éclat et curiosité à ce bout de paradis encore un peu replié dans l'hiver.

Hélène est là. Elle tâtonne en art, mais les dessins à la craie de Marcus Kreiss retiennent son regard.. une Grande Tour de cet artiste effectuera alors très vite le voyage jusqu’à Bordeaux.

Je connais déjà Marcus.. un long travail de réflexion, ensemble, pour la mise en images d'un petit film " Fermer les volets ".. mais ceci est une autre histoire, un profond évènement dans mes déambulations de producteur éphémère..je vous la conterai, un jour, peut être..

Hélène grimpe alors dans l'atelier de la maison de cette Galerie. Là d'autres dessins de Marcus reposent dans des cartons un peu décolorés.. de précieux ouvrages qui constituent la richesse des lieux.. des étonnements, des " choses " oubliées, comme dans un grenier..  des wagons de mémoires s’ébrouent alors et se présentent, étonnés, à la clarté du présent.. l'instant présent, cette grande et belle doctrine au creux de laquelle nous essayons, chaque jour, de grappiller nos essentiels..
Je contemple aussi ce tourbillon de dessins qui, l'air de rien, commencent à joncher le plancher de cette réserve.

Je vous présente " NICE " une oeuvre qui secrètement m'entraîne à l’écart.. le manège du temps.. il y a ces craies fragiles, ces couleurs de terre et de sable.. un extrait de farniente, de soleil, de nostalgie grandiose.. un ailleurs rassurant !

Voyages, voyages..


Nice de Marcus Kreiss 1996  © Collection IdL


                
Détail
Détail
         

samedi 28 janvier 2012

avec l'imprimeur

L'encre, le rouleau..
Le bleu s'étale..
Envie de tout gribouiller..
Les lettres alignées.. 
Le papier crisse
Toucher
Aimer la trame du chiffon pétri
L'odeur de l'école..
L'antichambre d'un texte..
L éditera


vendredi 27 janvier 2012

avec une maison de Saignon

L'hiver ne frissonne pas, ici, en cette maison gardienne de mille oeuvres d'artistes, petits tabernacles assoupis dans l'immensité du silence de ces mois mis entre parenthèses.. une sorte d'oubli, d'endormissement plutôt.. la rythmique des saisons.. les végétaux ont replié leurs allures de conquête et bâtissent, dans l'invisible de leur sève, des ramages qui sauront alors nous étonner encore..

Le travail de la pause.. de l'arrêt.. du recul.. le lointain en perspective..

Une articulation lente orchestrée par la rythmique d'un feu de bois, d'un chien assoupi devant les flammes, d'une clairière de bougies tremblantes, petites respirations fragiles déposées en un campement d'élégance sur ce plateau de bois..

Tout d'abord.. l'apprentissage, toujours très irréel, du clavier.. des combinaisons de fonctions, de services, de probabilités.. des croisements de notes.. de mots, des effets très acrobatiques.. main gauche, main droite.. l'émerveillement de tout un petit monde qui se met en marche,. la magie du virtuel.. désarticuler l'éveil d'une réflexion.. s'abandonner à la précision d'un outil, cet outil qui me permet de débarquer là, vertigineux plateau de vastes étendues..

Plonger dans le bain de l'aventure..

Oublier la gomme, le taille crayon, le papier calque.. le buvard.. regretter encore que l'encre ne colore plus mes doigts.. résister à l'envie brutale de froisser une  page.. ne pas pouvoir la jeter, rageuse, dans les braises..

M'appliquer pour vous dire, vous chuchoter, que c'est Là que j’ai rencontré les oeuvres qui ourlent les panneaux de son quotidien.. ces panneaux qui se présentent inlassablement, un jour après l'autre, à l'entreprise laborieuse d'une vie en accomplissement.. des oeuvres qui l'autorisent à laisser les jours filer.. ne plus s'attarder sur un hier embourbé déjà dans des tentatives de nostalgie.. ne plus caracoler vers un demain trop hâtif..

Les oeuvres cadencent désormais son temps entre aube et crépuscule.

Les oeuvres ce sont les artistes.

Les rencontrer.. une nécessité pour comprendre cette alchimie de l'accompagnement..
J’apprécie ces heures, ces jours, ces partages avec "ses" artistes,  tuteurs vigoureux, emprunts complices de la galerie de Kamila.
Je les écoute.. et je m’étonne d'un dialogue en continu, scandé par des silences.. des échanges.. des mises au point.. hantées par le seul souci de l'application, du mot juste, de la tâche de couleur franche, de la vérité, de leur vérité.. cette superbe palette aux contours modelés par leur seule vision..



samedi 10 décembre 2011

avec Jacques Despierre

Ce jour-là, le métropolitain m'entraîne vers les contours lointains de Paris.. l'hiver est là, nu et enneigé.. un ciel bas, muet..

C'est dimanche et je m'aventure, seule, vers Saint-Ouen.. les Puces de Saint Ouen.. une appellation sonnante pour évoquer l'univers du monde de l'antan.. friperies, accessoires, meubles patinés et souvent rafistolés par une âme passionnée ..
Là  aussi règnent des trésors du design, des lignes, des matières, des couleurs, des bijoux, des costumes de broderies et d'étoffes que d'appliquées couturières enrichirent de leurs savoirs.
Ce sont là  des décors battis pour le théâtre ou d'infinies scènes de cinéma.. !! les stands échafaudent chacun leur territoire.. de merveilleuses reconstitutions.. ça et là des petits chauffages d' appoint, des plateaux d'autrefois garnis de verres de vin, des casse croûtes..  les antiquaires se connaissent bien sûr et chaloupent entre les stands, univers un peu secret aux codes indéchiffrables.. leur monde..

Alors, moi aussi, je navigue, je change de cap, je zigzague entre ces vastes greniers inondés de ces fameux objets qui, inévitablement, me précipitent chez une Grand Mère, sur les sentiers d'une campagne, alors enfant douillettement installée dans une charrette à chèvres.
Il y a les outils, les vaisselles d' armoires trop rapidement refermées.. du linge empesé  couronné de noblesse..

Mon amie Brigitte a dressé là il y a quelques mois son univers.. elle me présente les personnalités de son coin, de son village, de son quartier, la quartier du marché Paul Bert Serpette.. le Neuilly peut être de ce vaste territoire inondé d'inédits… Nous déjeunons à la Cocotte, au coin de la cheminée.. saveurs mijotées, ambiances familiales.. l'éphémère dompte doucement l'immobilité des siècles repliés dans leur histoire.

Pour quelques heures seulement, le rêve caresse un peu les mémoires.. nostalgie, mélancolie.. je ne sais! mais il est certain que farfouiller les tiroirs du temps me réconforte un peu.. je n'ai plus la clé de la maison de mon enfance..l'impression de me glisser dans une capeline  rassurante d'un autrefois..

Brigitte recueille sur son stand des objets chinés ça et là. Il y a surtout ses propres créations venues tenir compagnie à cet " avant ".
Ce dimanche là, l’antiquaire Jean-Christophe Depieds a déposé des tableaux, plusieurs, juste pas trop.. des petits trésors que lui seul sait dépoussiérer de l’oubli.. la même poésie éclaire ces toiles, peintes souvent sur un dos de planche.. des pépites de couleurs douces et franches qui  viennent juste  éveiller ce brin d’éclat dont je suis particulièrement gourmande en ces jours en lumière basse.. merci Jean Christophe!!

Je regarde, les yeux soudain trop minuscules pour contenir le flot des mémoires qui, telle une tempête, vient heurter le seuil de mon histoire..

Un tableau ruisselant de lumière dorée sera l'oeuvre de peinture à l'huile qui se glissera dans mon sac..

Pour le petit pêcheur au chapeau jaune paille de Jacques Despierre.. pour la canne à pêche et le regard du jeune homme capturé par le petit flotteur..

Jacques Ceria dit Despierre - Le pêcheur au chapeau de paille (ca.1955)
Huile sur panneau de bois (22 x 27 cm)
©Collection IdL
Jacques Céria dit Despierre - Le pêcheur au chapeau de paille(ca.1955), détail
Huile sur panneau de bois (22 x 27 cm)
©Collection IdL

mardi 29 novembre 2011

avec Muge

Paris Photo OFF ..un ami m’entraîne en ce lointain quartier du 20° arrondissement de Paris.. La Bellevilloise.. ce nom m’enchante.. un petit air de bal musette ou de guinguette! ! pourquoi ?? Je ne sais !! nous sommes en Novembre.. Paris est en brume déjà, nous relevons nos cols..

Les stands de ce salon sont en noir et blanc.. des tirages, des œuvres repliées avec une minutie d’orfèvre dans leurs draps de papier de soie, de papier cristal..
Les cartons se dénudent, petits rubans de ficelle dégrafés ..
Des mains de gants  blancs vêtues dansent de ci de là, petites marionnettes de cérémonies graves.. n’inscrire aucune empreinte, aucune trace qui pourrait  endeuiller la photographie..
J’aime ces silences, ces crissements.. une application ralentie.. respecter les codes, les rites.. ne pas toucher !! les yeux s’échappent, indisciplinés, devant une telle chevauchée de merveilleux..

Je ne connais pas l’univers artistique de la photographie.. une ivresse trouble mes émotions.. chaque œuvre est une vignette bavarde qui m’entraîne vers des ailleurs improbables.. des petits voyages.. des inconnus aux portraits multiples.. des étrangers qui rapidement me rendent visite.. petits complices.. petits rêves éphémères !

Sophie Boursat, merveilleuse et passionnante collectionneuse, me présente l’artiste Muge, me conte ces histoires d’ouvriers des villes qui voyagent dans tous les sens, en Chine, pour retourner dans leurs campagnes lors de trop courtes vacances..

Cette photographie demeurera hors carton à dessin.. elle sera mienne, elle sera ce bout de voyage que moi aussi, souvent, j’entreprends pour rejoindre l’océan.. parce que la fenêtre est ouverte et que le lointain se glisse à mes côtés !


Région de Shenzhen, 2007-2008 par Muge ©  Collection IdL 


Détail 


mercredi 22 juin 2011

avec Christian Laudy

A cette époque là, je visitais souvent la résidence d'artistes de Saignon.. chambre avec vue.
Le plaisir rassurant de ces balades en corridors et espaces de jardin plantés d'œuvres.. regarder et voir, découvrir, laisser l'art me conter une histoire - la mienne en fait !! - et poursuivre cette nonchalance ô combien confortable et rassurante.. rien de comparable avec les promenades lointaines en vestibules et salons des maisons - de famille - de jadis !! .. des tableaux souvent effrayants !
La nécessité, toujours, de mes aïeux de vouloir affirmer, et avec quelle autorité, une ressemblance avec l'un ou l'autre.. effroi !!

Un dessin retient mon attention..à la mine de plomb.. l'humour de ce dos d'homme courbé planté d'un âne.. qui porte qui ?

Christian Laudy est toujours préoccupé par l'idée de nature et n'a d'autre choix que de nous montrer " comment c'est.. "

François a toujours eu de la tendresse pour les ânes.. je pense que cette œuvre me redit cette complicité..

Je ne sais pourquoi mais ce dos d'âne me fait encore sourire sur les cimaises de mon appartement.. j'ai commencé..


Dos d'âne par Christian Laudy  2005 © Collection IdL 2011

samedi 4 juin 2011

avec Takehiko Nakafuji

Je ne sais pourquoi cette photographie, délicatement déposée dans une  minuscule boîte de verre, aux côtés bleutés et festonnés, est là, discrètement posée sur un rebord du mur, au creux d’une petite lampe noire en bakelite..
Je ne sais pourquoi..

Si !! un peu !! parce que j’ai rencontré Sophie Boursat, merveilleuse collectionneuse passionnée de photographies japonaises.. elle me conta des histoires de lа-bas, si loin.. elle me parla de
Takehiko Nakafuji..
Sophie me présenta ces petites boîtes.. des clichés pris dans le grand aquarium de Beijing.
L’oeuvre est délicate, saupoudrée d’un reflet de fond sous marin.. la lumière clignote !!
Le voyage est là, précieux et irréel..

J’ai toujours aimé les boîtes.. réceptacles anodins de tant de mémoires.. des contreforts pour l’oubli..


Boîte de...
 Takehiko Nakafuji, en collaboration avec l'artiste verrière Nido, 2009
© Collection IdL, 2011


Boîte de...
 dans l'environnement de la collection IdL 



mercredi 4 novembre 2009

avec Jérôme Soret

L'automne chatouille un peu les feuilles des grands arbres en bordure de Seine.. je marche dans Paris, le col de ma veste soyeusement complice des premiers frissons.. l'air est juste parsemé d'un indéfinissable parfum de sans souci..

Ce soir, j'ai rendez-vous à la Galerie d'Agathe Gaillard. Je suis encore toute illettrée en art, en photographie.. mais François me donne rendez vous là..  rencontrer Jérôme Soret, son ami, éternel promeneur arpentant sans lassitude aucune,les chemins de Paris.. pas un pavé qui ne lui soit inconnu !  Nous pouvons le surprendre aussi, rêveur, la main resserrée sur le guidon d'une bicyclette piochée dans des rebuts qualifiés de haut vintage. Qui accompagne qui ?

Les oeuvres de Jérôme sont accrochées là, au fond de cette galerie mythique à la façade rouge.. pas loin, quelques bouteilles familières enchantent les visiteurs, nombreux, connaisseurs, joyeux, passagers habituels des lieux.. une atmosphère particulièrement confidentielle et complice rapproche les uns les autres.. Agathe veille, écoute, raconte.. une mémoire! la première à avoir osé exposer la photographie..

Je fais la  connaissance de Jérôme.. il est grand ami de François. Ensemble ils réévaluent l'enchantement du monde.. des heures durant.. l'un et l'autre animés du même respect.. une haute estime. Ils s'appliquent, inconditionnellement, à fureter dans les coulisses de l'oubli, du presque rien, du trait de lumière qui soudain se pose sur un arrosoir de zinc.. Les fameux immenses minuscules chers à Henri Michaux.

Je suis dans un univers.. mon regard parcourt les cimaises.. Chaque photographie me raconte une histoire, les bouts de la mienne, et m'arrache avec talent а la mélancolie du temps passé.. les images en noir et blanc sont lumineuses et avec minutie me bousculent un peu. Je suis à la lisière de l'univers.
La photographie Hommage à Irving Penn est pastillée d'un point rouge... Pour le PASSAGE !!

Nous sortons, tanguant un peu.. l'ivresse des flacons délicieusement enroulée autour de celle, tellement fragile, de l’émotion.
Je suis adoptée!

Bras-dessus bras-dessous nous poussons la porte ô combien historique du Trumilou.. Le Saint Pourçain s'impose presque..

Jérôme Soret - Hommage à irving Penn, 2002
Collection IdL 2009