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mardi 17 janvier 2017

avec Pavlos Nikolakopoulos

Paréidolie, un nom étrangement complexe, certes, mais il est  l’appel d’un événement magnifique au château de Servières, à Marseille.. Pareidolie, un mot empli de voyelles et difficile me direz vous à retenir et surtout à expliquer.. Pour apaiser nos  inquiétudes, je citerai que L’identification de visages dans les nuages est un exemple classique de paréidolie.
Paréidolie est donc le nom ô combien savant du Salon du Dessin Contemporain de Marseille. Le mois d’ Août s’échappe doucement.. la chaleur demeure toujours cette sorte de pâte épaisse qui alourdit l’air.. les éventails, mi masques de festival, mi accessoires improvisant un semblant de courant d’air, ondulent devant les visages. L’humeur est joyeuse ce matin là, une joie particulière qui se dandine au creux des espaces des galeries sélectionnées pour l’évènement.

Je sais que je vais découvrir de nouvelles oeuvres. Je suis surtout attentive à arpenter calmement les lieux.. retenir mon souffle aussi pour mieux accueillir les émotions qui, inévitablement,se faufileront ici et là.. je retrouve " mes " galeries, celles qui dévoilent toujours des oeuvres sur papier qui, très vite, établiront une réelle complicité avec moi..
Je retrouve aussi les habitués, les visiteurs toujours fidèles à cet événement de la fin de été. Les visages sont légèrement tapissés d’un voile "  bonne mine "  subtil et flatteur dérobé à l'éclat des mois écoulés..

Je m’approche de la Galerie Analix Forever. Barbara Polla est là. Barbara est un sourire immense, une silhouette à la présence élégante et féminine. Elle m’accueille avec "  tout ça ".. L’année précédente, nous avions déjà eu une première rencontre, une de ces rencontres silencieuses dont les gestes, le regard disent tout ce que des mots à ce moment là auraient ébouriffé.
Je savais déjà que la sélection de ses artistes se glisserait directement dans les tiroirs de mes préférences, ma " préférence " étant ce je ne sais quoi qui, sans préavis aucun, active une sorte de fil électrique invisible entre l’œuvre et moi.. foudroyée !
Une zébrure émotionnelle m’installe  devant une œuvre, m’immobilise.  J’enfouis mon regard au plus profond des strates du dessin, de l’épaisseur du trait, de l’harmonie des mines de couleur.. puiser dans l’invisible de mon être ce que le trait a glissé..  peut être une révélation ? je ne sais.. mais un dialogue, prolongement de ma pensée - ou plutôt de mon désir - s’impose et je ne peux, en aucune façon, abandonner ce dessin si particulièrement relié aux cimaises par ses pinces noires.

Ce dessin, disons alors " mon dessin ", me parle d’équilibre, cette droite oblique - rouge et noire -  qui est depuis longtemps ma position sur cette planète.. mon échelle d’intention.. gravir et, quelquefois aussi, glisser un peu, reculer mais toujours lutter pour avancer.. L’œuvre est sans surcharge, débarrassée des encombrants.. Elle est magistrale dans son élégante dignité de dépouillement. Elle est l’oeuvre de Pavlos Nikolakopoulos, de la  Grèce. Le blanc.
Dans un coin, noires et discrètes, quelques marches.. gravir encore, même à l’écart.

Pavlos Nikolakopoulos © Collection IdL

mercredi 9 novembre 2016

avec Jérôme Soret

Jérôme Soret.. Il est ce photographe secret qui chemine, un appareil photographique toujours glissé derrière l’écran d'une veste, d'un par-dessus..  un appareil prêt à saisir l'image, celle qui révèlera ce que le regard-notre regard - voudrait tellement conter.. et qui s’échappe déjà tandis que l'artiste installe l'histoire  sur le papier..
Ces photographies sont les instants fugitifs de la mémoire qui, sans artifice, deviennent présences.

Jérôme aimait déambuler avec son ami François.. sillonner les recoins de son  univers rare et poétique, celui où viennent se blottir, pudiques, les presque rien.. les traces.. ses petits cailloux blancs contre l'oubli.. l'ordre et le désordre!
Ce jour de Juin, ces empreintes du temps en fuite se dévoilent sur les cimaises de la Galerie Agathe Gaillard.
Il y a cette corde tendue en ces improbables univers badigeonnés d'une patine indélébile.... des fils noués se tiennent suspendus à cette matrice bienveillante.. des fils, des bouts de ficelle.. en vrac.. ceux la mêmes que je recherche peut être toujours et encore pour recoudre les images du temps en partance.. ou ces bouts qui domptent la courbe des voiles pour d'autres voyages...

Jérôme Soret
Sans titre  " Fils blancs"- Saint Emilion
Tirage sur papier couleur 1/11
acquis en Juin 2012
© Collection IdL 







samedi 5 novembre 2016

avec Nicolas Jardry

Récemment, des amis firent escale sur mon plancher de chêne.. des amis qui ne connaissaient pas encore mon refuge en art, espace de lumière et de découvertes.. oeuvres picorées ça et là au fil du temps, des intentions, des désirs, des hasards et des belles folies aussi !! 

Ici, il n'y a ni ordonnance, ni plan d'accrochage.. pas de scénographie !! non, cette connaissance  n'est pas dans mon savoir faire.. je dirais même que chaque nouvelle oeuvre se glisse ici à sa façon, un peu empesée d'une sorte de timidité, ce même petit pincement ressenti par le nouveau, un jour de rentrée des classes.. 
Elle est " l’étrangère ", celle qui ne sait pas si son allure conviendra aux autres, aux anciennes ! 
Alors la nouvelle est juste posée là, ou ici.. et elle se débrouille !! je ne cherche pas non plus à jongler avec les couleurs, ni avec  les cadres, ni avec  les mensurations..
Il est un peu teinté d'esprit sauvage mon domaine !!

La nouvelle a donc trouvé sa place, toute seule.. elle demeurera un peu au sol, intimidée, entre des fleurs de cristal et un tabouret de sculpteur.. puis elle prendra de la hauteur et viendra tenir compagnie à un magnifique alignement de photographies, oeuvres magistrales de Lucien Clergue, de John Stewart ou de Malik Sidibé..

Ready to fly de Nicolas Jardry est donc adoptée et ses parures de bleu tissées attirèrent ce soir-là tout particulièrement le regard de mes invités!!
Elle est cette oeuvre qui, en La galerie d' Anne Clergue un soir de Mai, dompta aussi mon attention..
Certes l'azur ruisselle sur le papier, mais au-delà de cette palette claquante, c'est autre chose qui troubla mon attention.. le duo !! le multiplié par deux, un étonnement de l'enfance.. le mystère.. l'application du pliage.. la profondeur vertigineuse de la nature.. l' océan..  hissez haut !!



Nicolas Jardry - Ready to fly, Cuglieri 2013.
Tirage pigmentaire numérique
60 X 80 cm. Ex 1/3
© Collection IdL 2016


mercredi 12 octobre 2016

avec Pip Culbert (2)

Pip Culbert... ses dé-coutures!!

Des mouchoirs ainsi déshabillés de leur matière ont déjà galopé sur cette feuille avant de retenir leur géométrie architecturale sur mes cimaises!!

Ce soir, mon regard sera happé par ce petit cadre déposé là, sur un coin de mur, discret et d'une Simplicité  gigantesque.. l'infiniment beau.. blanc.

Le relief à peine perceptible de la couture, seule, évadée du vêtement, de l'objet usuel, pour se présenter ainsi sans artifice..  soudée à sa feuille de papier..
Une écriture en braille, presque.. le désir de laisser le doigt s'attarder sur ces petits bourrelets..  la trace de ce qui fut une poche de chemise, de tablier, de robe.. le savons-nous?? cette poche retint en son temps mille et un petits trésors ou la délicatesse d'un trait de pochette ô combien savamment replié.. élégance!!

La poche!! .. mise à nue!!

Une silhouette fine et légèrement rugueuse.. la trame du coton.. fermons les yeux et invitons notre imagination - un truc d'enfant, ça!  - au rêve.. et si c'était une maison à l'envers, sur pilotis?? ..un toit, quatre murs.. invincibles nous devenons alors, bien à l'abri dans notre cabane de fil..

Merci Pip. Tu as déposé cette oeuvre un jour dans mon jardin d'hiver.. Nous étions alors au verger, à Saignon, sous le grand poirier de Chambre avec Vue.. C'était l'automne.. les feuilles basculaient..

Pip Culbert - Poche décousue - ©Collection IdL




mercredi 20 avril 2016

avec Franck K. Lundangi

C'est en avril et c'est à Paris.. le temps du salon du dessin contemporain Drawing now, au Carreau du Temple, cœur de Paris.

Ce salon est devenu pour moi une vraie cérémonie!! un rituel, une attente qui fait battre mon âme de petite fille.. Bien sûr, au même moment, Art Paris envahit le Grand Palais.. Art Paris aux stands vastes et élancés, irréprochables.. J'y fus, certes, élève appliquée toujours et un peu alarmée par le mouvement artistique du moment.. une cathédrale comparée à la confidentialité du Carreau du Temple.

Là, sous sa structure historique et désormais métallique (au cours des siècles elle fut construction de bois), le murmure est de rigueur, les voix sont de douceur badigeonnées, comme si la crainte d'effacer les traits de crayon imposait le ton.. un cri serait gommage ! l'impression que les amateurs d'art et de dessin ont glissé leurs pieds dans des pantoufles..

Je parcours les travées, heureuse de retrouver " mes " galeries, attentive aussi à oser gravir le seuil des " inconnues ".. des rendez vous incontournables.. une sorte de club.
Des sourires sans maquillage ni intention aucune de vanité, des yeux vifs et interrogateurs constituent  le langage  des galeristes et des collectionneurs. Chacun connaît la règle du jeu.. ne pas tricher, ne pas fanfaronner.. et, ô étonnement sans cesse renouvelé,  des œuvres plus spécialement s'imposent quelque part dans les strates indomptables de mes envies.. une première sélection..
Je deviens alors chasseresse. Je danse presque entre les stands.. je suis à l'affût, à l'arrêt.. un moment important.. comme à la chasse, ou à la pêche.. savoir attendre, dompter ses envies et.. arrêt sur image..
L'impossibilité alors de renoncer !! c'est terrifiant, ravageur mais ô combien pétillant de calme intérieur aussi.. paradoxe ! Il y a du mystique là-dedans !

L'œuvre de Franck K. Lundangi, The spiritual man dans la Galerie d'Anne de Villepoix sera glissée dans ma besace.. un trophée..
Une aquarelle qui me confie l'eau, la terre, le ciel, un peu Arche de Noé.. Arbre de Vie..
Il y a de la Joie !

 Franck Lundangi - The spiritual man, 2016 
Watercolor on paper - 76x56cm © Collection IdL 



jeudi 24 mars 2016

avec Tatiana Wolska


Le salon du dessin contemporain, Drawing now.

Nous avons déjà déambulé ensemble dans ces travées de chuchotements et de mines de plomb.. Je retrouve les galeries de mes habitudes..  dirigeons nous vite vers la Galerie Papillon... l’éclat des deux sourires de Claudine et Marion.. et sur les cimaises, chaque année, des signatures nouvelles jonchent les toiles.. Tatiana Wolska 
J'apprends..
Je sais l'application de la main, audacieuse et concentrée, seule baguette dirigeant sans tremblement aucun la composition d'une empreinte sur le papier. L’étonnement enivre mes pupilles.. je ne saurai jamais dire ce brin de folie qui, soudain, vient picoter une certaine maîtrise de mes désirs..

Pourquoi un dessin d'encre et d'acrylique vient-il perturber l'ordonnance de mon maintien ? Pourquoi tout voile d'indifférence se trouve-t-il  soudainement arraché à la trame sereine de mes intentions ?
Pourquoi un dessin se précipite-t-il  vers moi ?
Il me conte très certainement, avec des mots grappillés dans les empilements de mes souvenirs, de mes émotions, de mes doutes et de mes victoires, il me conte ce que jamais je ne saurai dénicher sans la magnificence de l'Art.. complices nous devenons !!

Ce dessin lа serait une paupière de cils broussailleux, non peignés.. ou une frange d'herbes plantées dans les dunes pour retenir le sable, là-bas sur les plages de l'Atlantique ?.. d'ailleurs, quelques grains dorés barbotent dans l'eau salée à peine bleutée.. j'aime aussi ce minuscule trait d'encre échappé de la plume.. petit confetti de l'imprévu !

Le printemps n'ose pas encore.. Le ciel de Paris est toujours un peu hivernal, poinçonné de discrètes  intentions de lumière bariolée de renouveau..


Tatiana Wolska - Sans Titre, 2016
(42 X 56 cm) -  Détail
© Collection IdL




mercredi 6 janvier 2016

avec Jenifer Corker

Arles.
Janvier grelotte..
Je grimpe la rue de La Calade, vent debout !! Je sais les oeuvres de Jenifer Corker exposées chez FLAIR Galerie, univers ô combien inattendu d'Isabelle Wisniak.. et de Droopy !
C'est un travail minutieux !
L’œuvre qui retient mon attention est un panorama incroyable pioché tout à la fois dans l'univers de la cartographie - je vous parlais bien de navigation !! - du dessin, du bestiaire.

L'œuvre commence tel un de ces étonnants découpages que je m'efforçais de maîtriser enfant, une épingle calée entre les doigts sensée piqueter un contour.. un contour de fleur, un contour d'animal de basse cour.. un contour de je ne sais plus..
Jenifer coud, dessine, enveloppe de brume de plomb cette bête à deux têtes, à double nom (qui est Oscar ? qui est Milly ?)  étrange et sympathique, ancrée sur un film de toile bis.. impeccable !

Cette bête veille et monte la garde, ici, sur mes cimaises !! elle est fantaisie et drôlerie, raffinement  et délicatesse.

 Oscar et Milly, 2015, calicot, fil à coudre, crayon, encre de calligraphie
 par Jenifer Corker © Collection IdL

Oscar et Milly, 2015. Détail

Oscar et Milly, 2015.Verso
(Cliquer sur les images pour les agrandir)


samedi 24 octobre 2015

avec Anne et Patrick Poirier

Revoir Paris !!

La FIAC en ce mois d’Octobre lumineux nous a convoqués.. arpenter les travées du Grand Palais.. être là, en ce Temple de l’Art Contemporain..
Pour moi, le désir seulement de m’inscrire en quelque sorte а un cours intensif d'Art Contemporain.. lever le nez sur les Appellations des Galeries.. tabernacles de ce que le monde propose en excellence!!
Autoriser mon regard à balayer - et à enregistrer - les œuvres cérémonieusement déposées sur les cimaises.. chuchoter, adopter - essayer, en vain!! - l’attitude un peu empruntée de collectionneurs ô combien avertis.. une légende!! cocasse le salon de la FIAC!!

L’envie de compléter mon instruction par quelques visites " in situ " des galeries. J’aime ces lieux, véritables chapelles d’un pacte établi entre le galeriste et " ses "  artistes..

Une exposition d'Anne et Patrick Poirier,  magnifique, assure l’actualité de la Galerie Mitterrand.
Une belle rétrospective, vertigineuse !
Regarder, longtemps, ces œuvres.
Et le désir de glisser dans mes cartons une photographie de la série Palmyre, « cliché »  des ruines de l'ancienne cité, revue et corrigée par le talent pictural des artistes.. un  passé lointain et majestueux qui s’imprime dans notre présent chaotique..

L’art me dit aussi l’histoire!! ..une mémoire.

Palmyre 1992
 Photographie rehaussée à la peinture d'Anne et Patrick Poirier
© Collection IdL
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 


samedi 5 septembre 2015

avec John Stewart

Un vernissage en la Galerie d'Anne Clergue. Le photographe John Stewart invité.

Nous sommes en Septembre.. des effluves de vendanges pour certains.. pour d'autres des échos de tauromachie ! un air de rentrée rassemble les uns et les autres.. des visages aux mines superbes tanguent sur le trottoir ! l'humeur est belle, légère..
Et pour moi, la mémoire d'un autre septembre - le précédent -, d'un autre accrochage de John Stewart.. de la présence d'un autre artiste.. chut!!

Un soir donc de souvenirs chapeauté de curiosité : le travail de John Stewart étonne toujours.. un regard sculpté pour saisir la trame, le tissu, les plis.. habitués nous sommes à son travail en noir et blanc, à cette profondeur de contrastes. Ce soir, la couleur est là, royale et attentive ! elle ne flamboie pas.. non, la couleur est discrète, un peu confidentielle, découpée dans les éclats de dame nature, sans fard ! ..
Ce sont les photographies d'un  " défilé au Mas de la Bélugue. "
Je regarde.

Une cape de tauromachie.. ruissellement de retenues graves..
La cape ondule, allongée sur un tapis d'iris jaunes, ces iris sauvages qui ourlent les fossés marécageux de Camargue à l'orée du printemps.. ne pas cueillir ces coroles dorées.. elles flétrissent aussitôt, indomptables !

Anne glisse un point rouge à côté du tableau.. la cape est mienne !! pour les iris !!




Mariposa. Photographie de John Stewart 2015 © Collection IdL
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 



dimanche 5 juillet 2015

avec Andrew Huston

Tulette.. un petit village de la Drôme, discret, posé lа sous le soleil encore excessif de cette fin d’après midi.. la quadrature des sillons des vignes retient encore la mémoire active d’un paysage viticole..

Là, au fond d’un chemin terreux et gentiment poussiéreux (ah !! cet été excessif !).. une maison vigneronne !! une vraie, sans fard, ni rosier au bout des rangs (les anciens disaient alors que ces feuillages  étaient les premiers à être atteints par le  Mildiou.. clignotant pour sulfater alors les ceps de vigne..un peu « pour faire joli »  et piochée dans de drôles de mémoires bordelaises sans doute cette histoire de maladie des roses !!)

Une longue maison donc « dans son jus », des murs йpais un peu essoufflés certes mais tellement conscients encore d’offrir un peu de fraîcheur aux habitants de l’été, d’ici, hommes et femmes au sourire ineffaçable.. passionnés par l’art.. joyeux, accueillants, généreux..
Dehors, un bassin agricole destiné à la préparation des divers traitements.. de l’eau fraîche y chantonne et les artistes en fin de résidence, assis sur la pierre, y puisent réconfort et détente discrète après une journée de labeur..

La nuit venue, une table danse sur des tréteaux.. des guirlandes de lampions multicolores re-dessinent les étoiles.. de savoureuses ripailles.. des bavardages tout azimut..

Nous sommes un soir de vernissage.. des artistes.. deux mois pour dénicher de quoi créer des œuvres in situ, ici et là..
Visiter.. se faufiler dans le dédale des chais, grimper une échelle.. et l’ivresse de cette cave emplit d’émotion ce petit voyage.. de la terre battue.. des presque rien qui disent plus que tout !!

Franchir, avant de s’éloigner, le seuil de la demeure..  « l’œuvre au bleu »  d’Andrew Huston, le Maître de maison, danse sous mes yeux encore tapissés de lumière de lune.. partir avec cette œuvre, l’œuvre d’un soir d’été, là et nulle part ailleurs.
Merci Karole
Merci Andrew


L'œuvre au bleu © Andrew Huston 2015
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

Andrew Huston devant l'œuvre accrochée chez IdL
   

samedi 20 juin 2015

avec Niki de Saint Phalle

Le printemps m'avait entraînée sur les rivages de l'Atlantique, en cette terre basque qui retient toujours et encore tant de mémoires.. l'océan, inlassablement, me rappelle vers ces contrées..
Nous étions encore hors saison, en avril peut être.. le désir de descendre vers l'Espagne, Bilbao, le Musée Gugenheim, l'exposition des œuvres de Niki de Saint Phalle. L'exposition fermait ses portes peu après.. le confort, immense, de déambuler en ces espaces sans piétinement.. prendre alors pleinement conscience du travail, gigantesque, puissant, de cet artiste.. Une scénographie franche et ô combien vive, sans retenue aucune.. du plein champ !! de l'éclat, des claquements, des détonations.. les salles muettes improvisaient un scénario impressionnant..une reconstitution historique d'un talent colossal!!
Retenir tant d'images.. les déplacer doucement dans les fonds de mes émotions en art.
Le temps passe..
Juin, chemin faisant, Paris.. la Galerie Mitterrand, espace généreux. Niki de Saint Phalle là. Bonheur et " fierté " de savoir un peu.. flâner, flâner toujours en galerie..laisser au temps
la cadence nécessaire pour oublier dehors.. être présente, juste présente. le regard seul agit, en direct avec le désir, soudain, de décrocher une Sérigraphie.. elle est grande.. elle raconte des histoires, petites pépites de mots accrochés ça et là.. un tableau d'enfant ô combien parvenu en maturité. C'est vif, c'est ourlé d'humour.. Ça claque et ça repose sur mes cimaises.. Je crois que ça chante !!


Dear Diary - My men 1994-95, sérigraphie de Niki de Saint Phalle
© Collection  IdL

              
                   Dear Diary - My men 1994-95 (Détail)
Dear Diary - My men 1994-95 (Détail)

              
                 Dear Diary - My men 1994-95 (Détail)
Dear Diary - My men 1994-95 (Détail)
           

vendredi 12 juin 2015

avec Sandrine Rousseau

Juin 2015.. avant que l’été ne dépose ses fagots de soleil enrubannés d'azur, je file en la Galerie d'Anne Clergue..

Un nouveau vernissage.. l'idée, toujours, de quelque chose à découvrir, à dénicher.. un bourdonnement d'impatience enfantine chantonne en moi tandis que mes semelles martèlent le pavé de la cité.

Un étonnement ourlé de découverte, toujours, flotte  sur les cimaises de cette Galerie, à quelques pas de la Place du Forum..

Ce soir, les œuvres de Sandrine Rousseau seront de sable et de roc parées - SAND AND STONE-  deux supports qui, sans fard, accompagnent l'ondulation de notre socle terrien tout en martelant de solidité l'assurance de nos pas..

Ce soir là, je choisis le roc.. besoin d'angles, d'arêtes, de limites, d'architecture..
L'œuvre de Sandrine accroche " tout ça ".. le mouvement galope dans un escalier plongeant vers les rivages du Rhône.. l’évasion en tentation..

Le Rhône.. Il est là toujours, depuis ces décennies en Provence vécues.. Arles, Tarascon, Avignon.. le Rhône, rampe ferme de mon nomadisme souvent incertain..

Le sable.. des rondeurs et des courbes.. de la fluidité..
Le sable.. je le retrouverai en terre Atlantique, complice permanente d'autres vagabondages..

 " Sand and Stone " par Sandrine Rousseau, 2015
© Collection IdL

vendredi 20 mars 2015

avec Pierrick Sorin

La Galerie Pièce Unique me fut conseillée par un ami. De passage à Paris, en mes rondes artistiques, j'oriente mes pas, dans la frilosité d'un hiver coriace, vers ces lieux légendaires de St Germain des Près..

Une Galerie, deux adresses.. un seul artiste : Pierrick Sorin !
Je pousse la porte de la rue Mazarine avec un peu de confusion..

Que vais-je dire ?
Que vais-je expliquer ?
Que fais-je seule en ces lieux, intimidants et inconnus ?

Je vais VOIR!!  Le regard est merveilleux.. il est silence, il est attitude, il est secret.. seuls des éclairs  fugaces, d’étonnement ou d' émotions pudiques, peuvent clignoter dans le petit cercle confidentiel de la pupille !!

Alors j'ouvre les yeux, je regarde et..

Je découvre le travail de Pierrick Sorin, fervent pratiquant de l'auto-filmage..

Plusieurs boîtes animées offrent de surprenantes scènes, cocasses et déroutantes, décalées, telles des micro plans, façon Woody Allen.. C'est drôle et touchant.. une réelle correspondance s’établit peu à peu avec ces Hologrammes !!

Hologramme.. j'avais bien lu ce mot quelque part, auparavant, mais ce jour-lа je prends conscience, totalement, de la technologie exacte de ce procédé.. délirant.. humoristique et, inévitablement, un peu " rétroviseur " de sa propre biographie..

VELOCITE  MATINALE est là, chez moi, petite lucarne animée et musicale..

Vélocité matinale, 2014. Théâtre optique édition 1/3
© Pierrick Sorin © Collection IdL

                                          
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vendredi 4 juillet 2014

avec Jenny Lexander

Juillet  2014, en Arles.. les Rencontres Internationales de la Photographie claquent dans les ruelles de la cité, alourdies d'azur et de soleil.. Nous cherchons l'ombre.. La galerie d'Anne Clergue sera cette oasis de respiration, de reprise de souffle..
Sur les cimaises, des audaces de charme champêtre.. un herbier dirait l'enfance!! Evocation de ces minuscules tiges auréolées de graines ou de pétales que nous avons tous cueillies un jour.. errances merveilleuses et insouciantes d'un séjour campagnard.. déposer alors ces trésors de fragilité entre deux feuilles de papier journal.. attendre.. et, souvent, oublier nos petites créatures.. elles seront vaillantes et re-apparaîtront, à l'improviste, longtemps après, entre les pages d'un livre dérobé alors sur les étagères d'une bibliothèque familiale.. une trace délicate.. les émotions de jadis..

Les photographies de Jenny Lexander, artiste suédoise, nous offrent cette préciosité élégante et délicate, pure et sensuelle..
Chaque fleur porte le nom d'une émotion liée au jour de la cueillette. Elle sera photographiée et tirée sur papier Japon Gampi, papier épais fabriqué à la main et provenant d'une variété de mûrier rare.  Monsieur Seki était seul а fabriquer cette trame..il est parti avec ses secrets..

Ma Fleur se nomme Curiosité.
Elle est de pourpre parée et me parle de coquelicots, petites poupées vermillon qui picorent toujours
les champs de blé de leur ponctuation


Curiosité par Jenny Lexander, 2014 © Collection IdL 


                      
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samedi 8 mars 2014

avec Cathryn Boch

Drawing Now.. le salon du Dessin Contemporain au Carreau du Temple à Paris.. le printemps ose à peine !

Arpenter les allées.. l'air est beau.. flottent, sans fard aucun, des mémoires d'école enfantine.. la mine de plomb, le papier.. presque rien !.. le geste en simplicité extrême de la main, des doigts sur le crayon.. les stands sont sereins.. on y murmure.. atmosphère délicate et confidentielle.. envie de glisser ces papiers dans ma sacoche.. je retiens mon désir du trop, inutile !!

Je m'enivre de ces œuvres muettes et ô combien conteuses d'histoires, de légendes, de simple observation.. les visiteurs glissent dans les allées..

La joie de découvrir alors le travail de Cathryn Boch dont la trame de l'œuvre me fut dévoilée, par hasard, un jour déjà lointain, en un atelier du sud de la France.. des bobines de bois blond, vidées de leur fil de coton beige, jonchaient la bâtisse.. le fil avait zigzagué, décidé et solide, accompagné par le roulement cadencé d'une machine à coudre, sur des photographies sépia.. clichés de l'oubli, de paysages vus du ciel, de réunions de famille..genre " trésors enfouis dans une boîte à chaussures !! "
Le papier gondolait alors sous l’épaisseur de ces coutures, improvisant des bosses et des reliefs.. De ci de là, un soupçon de la photo originale apparaissait..
Le paysage était.. remous de l'antan fouettés par une mécanique proposant, masquée mais bavarde encore, la mémoire de ce qui fut.. quelques brides.. un relief !

L'œuvre aux " trois cabanes noires " rentrait dans ma collection.

Trois cabanes noires de Cathryn Boch © Collection IdL
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 



jeudi 13 juin 2013

avec Wilhelm Junglas

Un petit village des Alpilles, discret.. là des amis en une belle demeure solide, face à la poste.. de l'autre côté de cette tranquillité villageoise, un bistrot de renommée, " une institution " de retrouvailles et de joyeuses ripailles ! Nous faisons tous escale un jour ou l'autre en cette auberge.. pour l'appétit, pour le sourire du patron, pour une partie de pétanque amorcée sous les platanes.. pour libérer le temps..

Une maison donc, belle et fleurie, des espaces généreux et une cave soignée..
Une pièce voûtée, immense et majestueuse, accueille régulièrement des musiciens, des artistes.. des amis qui demeurent attentifs à l'art! des rendez-vous toujours très élégants !!

L'artiste Wilhelm Junglas accroche, en cette année 2013, ses oeuvres, patiemment élevées sous l'enclume de son atelier, le facteur temps complice de la trace, de l'empreinte, de la perturbation du métal ainsi exposé à la lenteur. L'artiste intervient.. fer, rouille, émail.. une force maîtrisée pour redessiner les silhouettes des villages environnants, des profils.. l'étonnant équilibre, toujours, entre le fer, support de poids habillé de rouille, massif et martelé, et la fragilité, la légèreté de la ligne.. le trait sculpté dans le métal!!
Lourd et fragile.
Dehors, sous les denses feuillages des platanes, une balançoire ondoie.. à quelques pas, au verger, des tomates murissent, le soin discret du jardinier en intention majeure !

Je ne fus pas au vernissage.. Attendre la sérénité d'un jour ordinaire pour vagabonder en ces espaces et rencontrer ce Portrait de jeune femme.. ce panneau de rouille est là.. aussi pour la  traîne immaculée qui danse sur le fer !!

Force et fragilité

Portrait de jeune Femme, 2013 par Wilhem Junglas
 © Collection IdL

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jeudi 9 mai 2013

avec Jörg Langhans

Jörg, une rencontre sur le chemin, celui que j'arpente dans le calme et le silence.. un chemin personnel, lumineux et escarpé.. il me conduit vers des êtres drapés d'art, magnifiques! des improvisations permanentes!

Les écritures viennent alors fagoter nos réflexions sur le portrait, l'image, la nature. Jörg Langhans est nourri des écritures d'Antonin Artaud.. des chapitres qu'il me fait découvrir.. quelle liberté! quel trouble dans mes pensées!!

L'envie de connaître son atelier.. c'est important de pouvoir pousser la porte de ces lieux de solitude, ceux qui protègent l'artiste..la recherche, le doute, l'espoir et la création s'entrelacent..
Prendre le TER vers Angy, hameau paisible de Picardie.. là, en une grosse belle maison/atelier il y a sa femme Isabelle, merveilleuse écrivain, artiste délicate aussi..
Il y a deux petits gars.. il y a un chat.. il y a un poêle qui ronronne.. il y a une table dressée et des effluves magnifiques de chou farci..une bouteille débouchée.. un bien être rare..

Descendre à l'atelier, en rez-de-chassée, posé directement sur le jardin en liberté qui galope.
La térébenthine, le papier, les bouts de papiers noircis de mots, de pensées, de pistes, les couleurs, les toiles pincées sur les cimaises.. et les écorces de bouleau, blanches, sur le sol, sur les planches.. partout le bois nous raccroche toujours à la Nature..les écorces ont sauté sur les toiles, le bois surtout en support.. l'huile leur donne majesté et vie, ressenti et étonnement.. l'envie de chausser des godillots et d'aller battre la campagne, ondulante et sans fard.. raccrocher la vie, dehors, et la vie si belle, en atelier!

Ces oeuvres " des écorces" sont exposées peu après par Nathalie Gaillard, à Paris.
Ce tableau d’écorces de bouleau caressé par de délicates fleurs blanches sera pour moi..

Les fleurs blanches.. sont elles ces Dames de 11h qui s’épanouissaient dans les vignes en fin de matinée ? c'est ma grand-mère qui me le racontait..

L’écorce.. l'habit fragile, la peau..

Jörg Langhans - Sans titre - Huile sur bois, 2012



Jörg Langhans - Sans titre - Huile sur bois, 2012, (Détail)







mercredi 17 avril 2013

avec Raphaël de Villers



Raphaël de Villers.. son atelier en terre champenoise est, je vous le disais, un tabernacle de mille objets inédits.
 Là, en cet abri de fortune historique,  je me dirige vers les caisses taillées sur mesure pour les voyages des céramiques, oeuvres aux contours sculptés, réel travail de dentellière.. des éclats d’émaux soudain ruissellent sur leurs versants déjà tant pétris, tellement emplis de fragments de contes, de messages, d’inquiétude peut-être.. l’inquiétude? fi!! tant ces personnages m’offrent une réelle présence ! de l’esprit, de l’humour.. non ! disons plutôt de la personnalité magnifique, grave et audacieuse !!

Brutalement, sans hésitation aucune, j’adopte ces créatures - elles me tendent les bras -  je ne sais plus.. mais la commande fuse et nous suivrons alors, patiemment, et avec toute la magie qui trimbale les échos de voyages en des ailleurs lointains méconnus et inaccessibles, nous suivrons donc la naissance de  « mes «  personnages, de la terre à la cuisson..
Et, par-dessus tout «  ça «  Raphaël me dira  l’inquiétude impatience de l’artiste à l’ouverture des fours, vastes feux communs, pour recevoir, enfin, l’Oeuvre dont la chaleur a su marteler  les formes et désorganiser quelquefois l’intention du maître.. des improvisations qui nous échappent.. mystère et joie de la surprise !!

Elles sont splendides et tellement présentes mes quatre créatures !! de vrais petit diables !



                            
                                


                                                          




vendredi 8 mars 2013

avec Antoine Rozès

L'hiver commence à abandonner ses audaces de courants d'air et de ciel bas et terne..  ce jour là, un peu de bousculade.. l'azur s'impose et offre au promeneur que je suis le désir merveilleux de dйambuler dans le quartier de St Germain des Près.. certes, ce territoire n'est plus celui, endiablé, de nos philosophes et artistes à l'esprit débordant de mots pétillants et tumultueux et aux inscriptions picturales sans entrave..

Arpenter la rue Bonaparte.. franchir le seuil de la galerie de Pamela de Monbrison, ANOA.
Sur les cimaises, Antoine Rozès a accroché ses tirages impression numérique pigmentaire.
C'est un soir de vernissage et je me faufile, incognito, entre les murs de la bâtisse, demeurant à l'écart et autorisant, seul, mon regard а voyager et oser un dialogue avec ces œuvres au tirage particulièrement travaillé
dans le noir, le noir profond et sans ride, le noir claquant disant avec savoir faire l'ombre et la lumière, le tracés de la peau dégagé de toute exagération..
Il y a a cette photographie, longue et ruisselante.. un bras tendu telle une longue louche, réceptacle d'une eau pure généreuse.. l'idée du ruisseau, de la clarté, de l'eau dans tous ses états, celui de la transparence, du murmure, de l'écho des cascades..  celui d'un antan.. soudain s'infiltre en moi..
Il me revient en mémoire un lavoir et ses bassins de préparation de sulfate de cuivre..
Je sais ce bleu délavé qui ne quittait plus les parois de la pierre.. et l'eau s'infiltrait là, juste là, à proximité, pour autoriser ce travail.. la source!!!.. nous pataugions avec les tétards!!

L'œuvre est juste empreinte de cette fraîcheur, éternelle! une force tranquille..

Rituel Lamelliforme -A d'Antoine Rozes 2013
 © Collection IdL


samedi 1 décembre 2012

avec Andrzej Wrona


Noël 2012

La maison d’art, là-haut sur la colline du Luberon est écrin ô combien étonnant d’œuvres et de créations façonnées dans des matériaux les plus inattendus.. surprise toujours je suis de ces rencontres subites  avec ce travail en Art qui, sans tintamarre, se glisse avec majesté dans l’écrin de ce que je nommerais mes envies, disons presque mes nécessités..

Dans les corridors de cette maison, des bustes polychromes taillés dans des blocs de bois par Andrzej Wrona, blocs massifs à la présence puissante et délicate, des bustes donc se baladent, tels les figurants d’un décor de théâtre, décor juste posé là, sans fanfaronnade.. la présence de ces personnages, la douceur des couleurs.. alors.. oui vite une idée!! offrir à mes quatre enfants - c’est Noël bientôt!! - leur buste taillé dans le bois.. une sorte «  d’arrêt sur image ».
Ils ont 20 ans, 22 ans, 25 ans, 27 ans..
Ils sont là.. et ma main, en passant, caresse encore leur joue..

Ne partez pas ô enfance.. et dansez encore, longtemps..

La ronde du temps tournoie..  ne bougez plus !! le sculpteur a dit !!


Clara 20 ans,
bois polychrome par Andrzej Wrona
© Collection IdL
Arnaud 22 ans
bois polychrome par Andrzej Wrona
© Collection IdL



Edouard 27 ans
bois polychrome par Andrzej Wrona
© Collection IdL
Nicolas 25 ans
bois polychrome par Andrzej Wrona
© Collection IdL